12/10/2006
Ramadan Karim*
Soudain les étals de toutes les épiceries se sont mis à regorger de fruits secs et me narguer jusqu'en bas de chez moi, moi qui en cherchais désespérément tout le reste de l'année. Et puis quelques jours plus tard, ça a été Ramadan. Cela faisait un moment que tout le monde attendait ça, qu'on se préparait, qu'on faisait des grosses courses et que l'excitation montait. Car le Ramadan n'est pas seulement une période austère de jeûne et de prière comme on peut se l'imaginer. Bien sûr cet aspect en fait partie intégrante, mais le Ramadan est aussi un mois de fête, avec des repas gargantuesques lors des ruptures du jeûne, des séries télé à l’eau de rose sur toutes les chaînes, et de longues nuits de veille à la douce lumières d’un fanousse (la lampe traditionnelle de Ramadan, qui en est aussi le symbole, comme notre sapin pour Noël).
Les horaires de travail sont réduits (par exemple à la Bibliotheca, on passe à 9h-15h) et les gens vivent –encore plus que d’habitude– la nuit, se promenant jusqu’à pas d’heure parmi les magasins et cafés ouverts, dans des rues chatoyantes de couleurs et de brillantes guirlandes... Ainsi, paradoxalement Ramadan est aussi la fête de la consommation et de la bonne chère. L'année dernière, un rapport de l’organisme de statistiques égyptien a chiffré à 32% l’augmentation de la consommation des ménages pendant le mois de Ramadan. De quoi compenser une longue journée de jeûne…
* littéralement "ramadan généreux", la manière la plus commune de souhaiter joyeux ramadan, et cet adjectif confirme qu'il s'agit bien d'un mois d'opulence...
20:39 Publié dans Us et coutumes | Lien permanent | Commentaires (0)
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